Train, avion, ferry, voiture et transports en commun : conseils pratiques pour préparer son voyage PMR
Quand on part en vacances, la question du transport vient à se poser rapidement pour tout un chacun. Mais quand on se trouve en situation de handicap ou avec une mobilité réduite, cette question n’est plus anecdotique ; elle devient centrale.
Train, avion, voiture, transports en commun ou ferry, chaque façon de voyager amène avec elle ses spécificités, ses petites astuces et ses points de vigilance.
Cet article a été conçu pour vous aider à préparer votre trajet de vacances : selon votre destination, vous aurez peut-être le choix entre plusieurs options, ou vous n’en aurez qu’une seule. Quoi qu’il en soit, vous trouverez ici les repères essentiels pour procéder sereinement à votre réservation et à votre préparation avant le départ.
Vous retrouverez aussi des astuces pratiques de voyage pour chaque mode de transport, afin de vous assurer un trajet le plus agréable et le plus confortable possible.
Pour chaque transport, nous suivons le même fil : la réservation, ce qu’il faut faire avant le départ, puis les réflexes de voyage.
Et si vous souhaitez plus d’informations sur le financement de votre voyage, consultez notre article sur les aides financières pour partir en vacances quand on est PMR.
Sommaire
- 5 façons de voyager, 3 pré-requis
- Voyager en train
- Voyager en avion
- Voyager en voiture
- Se déplacer en transports en commun
- Voyager en ferry
- Conclusion
5 façons de voyager, 3 prérequis
- Prenez une assurance. Elle est souvent perçue comme un coût supplémentaire ; voyez-la comme un investissement indispensable. Personne n’est jamais à l’abri et, selon votre destination, la prise en charge de votre problème peut vous coûter très cher. Si vous réservez par vos propres moyens, souscrivez une assurance qui couvre aussi bien le trajet que votre séjour, toutes les personnes liées au voyage et votre voiture de location si vous optez pour cette solution.
Deux repères utiles :
– la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) est gratuite et valable deux ans ; elle donne accès aux soins médicaux nécessaires dans les pays de l’Union européenne, ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. Elle ne couvre ni le rapatriement ni les frais de secours, et il vaut mieux la demander environ un mois avant le départ ;
– votre carte bancaire peut inclure une assistance voyage : renseignez-vous auprès de votre banque. Pensez aussi à vérifier ce que votre contrat prévoit pour votre matériel (fauteuil roulant, matériel médical).
- Avant de partir, scannez ou prenez en photo votre pièce d’identité. Si vous veniez à la perdre ou à l’abîmer durant votre voyage, vos démarches sur place et au retour seraient facilitées.
- Habillez-vous confortablement. Cela paraît secondaire à première vue, mais une tenue peu adaptée peut rendre le voyage désagréable, quel que soit le moyen de transport choisi. Privilégiez des matières souples et amples, adaptées à la météo mais aussi aux climatisations.
Le train : conseils pratiques pour préparer son voyage PMR
Le train est une très belle façon de voyager ; outre son bilan carbone plus favorable, vous avez la possibilité de voir le paysage changer sous vos yeux et de l’observer d’une manière inédite, en prenant le temps. Le train a également l’avantage d’être plus simple et plus rapide d’accès en gare (pas de bagages à déposer en soute, par exemple).
La réservation
Pour que votre périple en train se passe dans les meilleures conditions, nous vous recommandons de porter une attention toute particulière à votre place et aux tarifs PMR lors de la réservation.
Pour les places, assurez-vous que la vôtre soit adaptée à vos besoins et à vos éventuels équipements. Que vous partiez en voyage en France (SNCF) ou en Europe (Eurostar, Trenitalia, Deutsche Bahn…), les grandes compagnies ferroviaires permettent aux personnes à mobilité réduite de réserver un billet et des conditions de voyage adaptées à leur situation (présence d’un fauteuil roulant, dispositif pour les sourds et malentendants…).
Pour ce qui est des tarifs, votre accompagnant peut bénéficier d’une réduction de 50 % ou de la gratuité (hors frais de réservation), selon la mention portée sur votre carte mobilité inclusion (CMI). Prenez le temps de faire vos recherches sur le site de la compagnie, n’hésitez pas à consulter la FAQ ou à la contacter directement pour poser toutes vos questions et, éventuellement, procéder à une réservation sécurisée par téléphone.
Une autre alternative pour simplifier votre réservation : passer par une agence de voyages. Peu de gens le savent, mais beaucoup d’agences de voyages proposent des billets dits « secs » (sans hôtel, sans hébergement, sans location de voiture, etc.). Cette option présente un double avantage : quelqu’un s’occupe de la réservation à votre place, et l’agence peut aussi vous proposer une assurance voyage. Comparez-la cependant avec celle que l’on souscrit seul et avec l’assistance incluse dans votre carte bancaire.
Avant le départ
Votre réservation est faite ; avant de prendre le train, quelques formalités s’imposent pour vous garantir un voyage accessible, serein et confortable :
- Réservez l’assistance en gare. Si vous avez besoin d’aide pour vous déplacer dans la gare et rejoindre votre train, la plupart des gares européennes proposent des dispositifs d’assistance (Assist’enGare en France, par exemple). Le jour J, un agent vous retrouve au point de rendez-vous fixé et vous accompagne jusqu’à votre place dans le train. Vous pouvez faire la même demande à votre gare d’arrivée, pour être accompagné jusqu’à votre taxi, par exemple.
En France :- le service est gratuit pour vous et pour votre accompagnateur éventuel ;
- il se réserve en ligne ou par téléphone, dès 90 jours avant le voyage et jusqu’à 24 heures avant le départ du train ; sans réservation, l’assistance n’est pas garantie ;
- il s’adresse notamment aux titulaires d’une CMI ou d’une carte d’invalidité et aux personnes en fauteuil roulant : gardez votre justificatif sur vous, car le personnel peut vous le demander ;
- l’agent porte un seul bagage, de 15 kg maximum (deux pour l’Eurostar Londres) ; vos autres bagages restent sous votre responsabilité ;
- pour un départ depuis une gare située hors de France, la demande se fait auprès du service du pays de départ.
- Vérifiez les dimensions de votre fauteuil roulant. Le service d’assistance fixe des limites : 70 cm de largeur, 120 cm de longueur, 145 cm de hauteur et 150 cm de diamètre de braquage, pour un poids (occupant et bagages compris) de 200 kg au maximum pour un fauteuil manuel et de 300 kg pour un fauteuil électrique.
- Signalez à la compagnie ferroviaire la présence éventuelle de matériel spécifique ou d’animaux d’accompagnement (fauteuil roulant, oxygène, chien guide…). Vous pouvez généralement le faire via leur site internet, par téléphone ou par mail.
- Réservez vos repas si le trajet est long et si la compagnie le propose ; certaines compagnies ferroviaires proposent même des repas adaptés à votre régime alimentaire spécifique si vous le précisez suffisamment à l’avance. Attention : ce genre de service n’est pas répandu partout.
- Préparez votre arrivée. Une fois à destination, il vous faudra rejoindre votre hébergement depuis la gare. Réservez votre taxi, louez une voiture adaptée ou préparez vos trajets en transports en commun (tickets, gares accessibles, dispositifs pour PMR sur place, etc.). Si vous voyagez en fauteuil roulant, précisez-le lors de la réservation d’un taxi ou d’un VTC afin d’obtenir un véhicule adapté.
Réflexes de voyageur expérimenté
- Préparez une liste de consignes utiles pour l’agent qui vous accompagne en gare, adaptée à vos besoins et à votre situation.
- Inscrivez-vous gratuitement sur le Fil d’Ariane si vous quittez la France pour moins de six mois, quel que soit votre mode de transport : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pourra vous envoyer des alertes et des consignes de sécurité en cas d’événement grave dans le pays où vous séjournez. Ce n’est ni un service de géolocalisation ni une assurance, et l’inscription n’oblige pas le ministère à intervenir, mais elle lui permet de vous joindre en cas de crise.
- Selon vos besoins, emportez une rampe amovible, au cas où les dispositifs prévus en gare ne seraient pas suffisants.
- Prenez de quoi vous couvrir légèrement ; la climatisation des trains est parfois un peu forte et la température se rafraîchit vite.
L’avion : informations et astuces pour préparer son vol adapté
L’avion est incontournable dès qu’il s’agit de parcourir de très longues distances. Le réseau aérien n’est cependant pas le même partout ; selon la région où vous habitez, il vous faudra peut-être anticiper le trajet entre votre domicile et l’aéroport. Jetez un œil aux taxis, aux VSL (véhicules sanitaires légers) et aux navettes de votre région, et prévoyez si besoin de dormir près de l’aéroport la veille de votre départ. C’est une solution un peu plus onéreuse, mais elle permet de voyager en avion sans stress et sans avoir la sensation de jouer contre la montre le jour du départ.
La réservation
Comme pour le train, vous pouvez réserver vos billets d’avion en ligne, par téléphone, ou faire appel à une agence de voyages qui s’en chargera pour vous (avec la possibilité d’avoir un être humain en face de vous pour répondre à toutes vos questions).
Signalez votre besoin d’assistance dès la réservation. La plupart des compagnies proposent une case « assistance PMR » à cocher. Dans les aéroports de l’Union européenne, cette assistance est gratuite (la demande l’est aussi) et elle doit être signalée à la compagnie, à votre agence de voyages ou à votre tour-opérateur au plus tard 48 heures avant le vol.
Le règlement européen n’impose pas de fournir de justificatif médical, et il interdit à un transporteur de refuser votre réservation au motif de votre handicap, sauf raison de sécurité dûment motivée.
Pour savoir quelle aide vous apporter, les compagnies utilisent des codes internationaux :
- WCHR : vous avez besoin d’un fauteuil pour les longues distances dans l’aéroport, mais vous montez les marches de l’avion et marchez jusqu’à votre siège ;
- WCHS : vous ne pouvez pas monter les marches de l’avion, mais vous marchez dans la cabine ;
- WCHC : vous avez besoin d’une assistance complète jusqu’à votre siège (sur un vol de plus de trois heures, un accompagnant peut être exigé).
Vérifiez que le code correspondant à votre situation figure bien sur votre billet ou votre confirmation de réservation ; le choix du code reste de la responsabilité de la compagnie.
Signalez aussi votre matériel. Indiquez à la compagnie vos équipements de mobilité et vos équipements médicaux, avec leurs caractéristiques techniques (poids, dimensions, type de batterie), au plus tard 48 heures avant le vol. En plus de votre équipement médical, la compagnie doit transporter gratuitement jusqu’à deux équipements de mobilité par passager, fauteuil roulant compris. Ils ne comptent donc pas comme des bagages ordinaires.
Avec toutes les compagnies aériennes et les réglementations différentes présentes sur le marché, les bagages peuvent être un vrai casse-tête pour les voyageurs. Soyez très vigilants lors de la réservation sur ce que le prix contient :
- Sac cabine : votre sac à main ou sac à dos, qui se range sous votre siège (dimensions légèrement différentes selon les compagnies, à vérifier avant le départ). Il ne doit pas contenir de produits de plus de 100 mL, ni d’objets tranchants ou inflammables (liste détaillée sur le site des compagnies aériennes et des aéroports).
- Bagage cabine : petite valise ou sac de sport (dimensions légèrement différentes selon les compagnies, à vérifier avant le départ). Il reste avec vous dans l’avion et se range dans les compartiments au-dessus de votre siège. Lui non plus ne doit pas contenir de produits de plus de 100 mL, ni d’objets tranchants ou inflammables.
- Bagage en soute : c’est votre valise principale. Elle ne doit pas dépasser un certain poids (différent selon chaque compagnie et indiqué à la réservation). Elle part dans la soute de l’avion et peut contenir vos liquides de plus de 100 mL. Il existe cependant des objets interdits, même en soute : pensez à vérifier cela avant de partir.
- Bagages spéciaux : ce sont des bagages dits « non conventionnels », comme des clubs de golf, des planches de surf ou du matériel médical spécifique. Ils sont à signaler absolument à la compagnie après la réservation (au plus tard 48 heures avant le vol pour le matériel médical et les aides à la mobilité), pour être sûr que tout soit en ordre le jour J.
Avant le départ
- Précisez vos besoins spécifiques pendant le vol (allergies, handicap moteur avec matériel, aménagements possibles pour les troubles du spectre autistique, pour les malvoyants et les malentendants, chiens guides, etc.). En tant que PMR, vous pouvez généralement bénéficier d’un embarquement prioritaire.
- Réservez l’assistance à l’aéroport. Comme pour les voyages en train, une assistance est disponible dans la plupart des aéroports. Dans l’Union européenne, elle est un droit ; réservez-la au plus tard 48 heures avant le vol, voire dès la réservation du billet. En dehors de l’Europe, le service varie : renseignez-vous auprès de la compagnie.
- Anticipez le sort de votre fauteuil roulant. Dans la plupart des aéroports, vous pouvez le conserver jusqu’à la porte de l’avion ; il voyage ensuite en soute, gratuitement, et vous est restitué à la sortie de l’avion lorsque les infrastructures le permettent, ce qui n’est pas garanti partout. Si votre fauteuil manuel est pliant, certaines compagnies acceptent de le ranger en cabine selon ses dimensions : demandez-le-leur. Pour un fauteuil électrique, renseignez-vous à l’avance sur le type de batterie et sur les documents exigés.
- Renseignez-vous sur le confort à bord. Beaucoup de compagnies disposent d’une chaise de transfert de bord, un fauteuil étroit qui circule dans l’allée et permet d’accéder aux toilettes ; chez certaines, elle se réserve gratuitement au moins 48 heures avant le vol. L’aide du personnel de bord varie selon les compagnies : il vous accompagne jusqu’aux toilettes mais n’apporte généralement pas d’aide à l’intérieur, et il peut ne pas être autorisé à vous soulever ou à vous transférer de votre siège au fauteuil. Si vous avez besoin de ces gestes, voyager accompagné est préférable.
- Transmettez à vos accompagnants à l’aéroport les consignes nécessaires à votre situation.
- Préparez le passage de la sécurité. Une personne qui ne peut pas se tenir debout est contrôlée séparément, dans une cabine, et le moteur d’un fauteuil roulant électrique doit être déconnecté de sa batterie. Si vous portez un stimulateur cardiaque ou une prothèse métallique, signalez-le avant le contrôle : selon les aéroports, un contrôle par palpation peut remplacer le passage sous le détecteur. Munissez-vous du justificatif médical ou de la notice de votre appareil.
- Enregistrez-vous à l’avance. Selon la compagnie avec laquelle vous partez, vous pourrez vous enregistrer de 30 jours à 4 heures avant le départ (ouverture de l’enregistrement à vérifier auprès de la compagnie). Cette formalité confirme à la compagnie que vous serez bien du voyage et vous permet d’éviter les comptoirs d’enregistrement à l’aéroport (sauf si vous partez avec un bagage en soute, auquel cas vous devrez passer par là pour le déposer).
Réflexes de voyageur expérimenté
- Regroupez vos papiers importants dans une pochette : pièces d’identité, visas, ordonnances, etc. Vous devrez tous les sortir, mais à des moments différents ; vous gagnerez du temps.
- Préparez votre arrivée à destination : là aussi, pensez à réserver votre taxi ou votre voiture de location et à préparer vos déplacements en transports en commun pour rejoindre votre lieu d’hébergement.
- Si vous voyagez avec un sac/bagage cabine ET un bagage en soute, nous vous recommandons vivement de mettre dans votre bagage cabine :
– une tenue de rechange (sous-vêtements compris), au cas où votre valise principale serait égarée ;
– vos papiers importants et vos moyens de paiement ;
– vos médicaments les plus importants, accompagnés d’une ordonnance du médecin en français et traduite dans la langue de votre pays de destination si elle est différente. Les médicaments liquides font exception à la règle des 100 mL, à condition d’avoir une ordonnance nominative en cours de validité. Pour un traitement contenant des stupéfiants ou des psychotropes, un certificat est nécessaire pour voyager dans l’espace Schengen ; hors Schengen, munissez-vous de l’ordonnance originale, et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) peut délivrer un certificat si le pays de destination l’exige ;
– de quoi vous divertir pendant le vol : livres, sudokus, jeux de société de voyage, dessin, etc. ;
– des bas de contention, qui favorisent la circulation du sang sur un vol long (demandez conseil à votre médecin) ;
– un coussin pour votre nuque et un masque pour dormir, pour voyager confortablement.
- Si vous voyagez avec juste un sac ou un bagage cabine, vous ne pourrez pas emporter de liquides de plus de 100 mL avec vous, hors médicaments sur ordonnance. Cette règle est toujours en vigueur en France, mais elle évolue : vérifiez-la auprès de votre aéroport avant le départ.
- Avant de monter dans l’avion, vous devrez passer les portiques de sécurité. Pour gagner du temps et éviter le stress, habillez-vous le plus simplement possible : sans ceinture, sans objets en métal, sans bijoux et avec des chaussures basses, type baskets. Dans le cas contraire, vous devrez les retirer pour les placer dans les bacs en plastique qui passent au contrôle de sécurité. Rien de méchant, mais assez chronophage, d’autant qu’il faut les remettre ensuite.
- Vos objets de type appareil photo, tablette, ordinateur portable, console portable devront être sortis de leurs étuis : rendez-les facilement accessibles pour ne pas avoir à retourner votre sac dans la file d’attente.
- Vous ne pourrez pas passer la sécurité avec des bouteilles d’eau, de jus, etc. Pensez à les boire avant d’entrer dans la zone de contrôle. Vous pourrez acheter de quoi boire et manger dans les boutiques situées après cette zone.
La voiture : conseils pour louer une voiture adaptée et préparer son voyage PMR
La voiture, si elle est adaptée et que vous êtes bien préparé, offre un mode de transport intéressant pour les PMR, et parfois moins coûteux. Là aussi, vous voyez le paysage défiler sous vos yeux, mais vous profitez en plus de l’intimité qu’offre une voiture par rapport à l’avion ou au train. Vous êtes aussi plus libre de vous arrêter quand bon vous semble, pour admirer le paysage ou faire une pause ravitaillement.
La réservation
Si vous partez avec votre voiture personnelle ou celle d’un proche aidant, vous n’avez rien à réserver : nous vous invitons à passer directement à la partie « Avant le départ », qui contient aussi des repères pour votre propre véhicule.
Vous souhaitez louer une voiture pour partir en vacances : vous pouvez opter pour une voiture classique ou adaptée, auprès d’une agence de location ou d’un particulier. Plusieurs plateformes de location existent et se trouvent facilement en ligne, selon votre lieu de résidence.
« Voiture adaptée » peut désigner deux choses : un véhicule à commandes manuelles, pour conduire, ou un véhicule aménagé pour transporter un fauteuil roulant (rampe, plateforme élévatrice, espace de chargement). Précisez bien votre besoin au loueur.
L’offre est limitée et les véhicules adaptés ne sont pas disponibles partout : appelez l’agence directement avant de réserver, et le plus tôt possible.
Pour une voiture adaptée, le loueur peut vous demander des justificatifs au comptoir, comme la mention figurant sur votre permis de conduire ou une attestation officielle.
Pour louer une voiture adaptée PMR, le contrat sera généralement fait à votre nom. À ce titre, il vous faudra fournir :
- votre pièce d’identité, et celle du conducteur si ce n’est pas vous ;
- un permis de conduire valide, de type B (celui du conducteur) ;
- un justificatif de domicile à votre nom ;
- une carte bancaire dite « de crédit » au nom du locataire principal. En France, une carte « de crédit » est une carte à débit différé : la mention « crédit » ou « débit » figure sur les cartes émises depuis juin 2016. De nombreux loueurs exigent une carte de crédit, surtout à l’étranger, et les cartes de débit sont souvent refusées, mais ce n’est pas systématique (certains loueurs les acceptent en France). Renseignez-vous auprès du loueur et, si besoin, de votre banque.
- la carte doit aussi rester valable au moins 30 jours après la fin de la location ;
- une caution, c’est-à-dire une somme mise de côté sur votre compte en cas de problème, à la réservation ou à la prise du véhicule selon le loueur. Avec une carte de crédit, la somme n’est pas débitée mais bloquée : votre plafond de paiement baisse d’autant. Avec une carte de débit, elle peut être réellement prélevée, puis remboursée après la restitution du véhicule. Le délai de libération va de quelques jours à près de quatre semaines selon le loueur et la banque, et peut atteindre 30 jours pour une location à l’étranger chez certains loueurs. Le montant dépend du loueur, du véhicule et de l’assurance choisie, et peut dépasser 1 000 € : faites augmenter temporairement vos plafonds de paiement si nécessaire pour avoir suffisamment de fonds ;
- une assurance : même si elle alourdit le budget, elle est très utile lorsqu’on voyage en voiture, et encore plus en voiture adaptée PMR. Prenez le temps de bien la choisir et de regarder les conditions de souscription, de remboursement et de prise en charge ;
- vos documents relatifs à votre handicap ou à vos difficultés (cartes, attestations, etc.), que le loueur peut demander pour un véhicule adapté.
Avant le départ
Vos vacances approchent et vous commencez à organiser votre périple en voiture. Pour un voyage plus serein et plus confortable, pour les passagers comme pour le conducteur, quelques préparatifs seront les bienvenus :
- Préparez une pochette pour emporter tous les papiers importants : contrat de location ou carte grise, contrat d’assurance, numéros d’urgence, etc. Tout avoir sous la main vous fera gagner du temps en cas de crevaison, d’accident ou de tout autre imprévu.
- Si vous avez une CMI mention « stationnement », emportez-la. Elle est censée être reconnue dans l’Union européenne, mais son format diffère de celui de l’ancienne carte européenne de stationnement et des difficultés ont été signalées à l’étranger : renseignez-vous sur les règles de stationnement du pays visité avant de partir.
- Assurez-vous avant de partir que votre véhicule contient le gilet de sécurité et le triangle de présignalisation, seuls équipements obligatoires en France ; la roue de secours ou le kit anti-crevaison sont recommandés. Les règles diffèrent selon les pays (la trousse de premiers secours est par exemple demandée en Autriche) : renseignez-vous avant de partir et, si vous louez à l’étranger, demandez au loueur ce que le véhicule contient.
- Consultez le code de la route des pays que vous allez traverser si vous faites un voyage longue distance ; les règles de la route sont relativement proches d’un pays à l’autre, mais il existe parfois quelques panneaux que nous ne connaissons pas ou quelques usages à mémoriser avant de prendre le volant. Renseignez-vous aussi sur les péages et les vignettes autoroutières, à acheter à l’avance dans certains pays.
- Si votre permis comporte une mention liée à l’aménagement du véhicule, renseignez-vous sur sa reconnaissance dans les pays que vous traversez.
Réflexes de voyageur expérimenté
- Imprégnez-vous de la route : regardez sur une carte papier ou sur Google Maps les grandes étapes de votre trajet pour vous en faire une idée (même si vous utilisez le GPS). C’est toujours utile de savoir où l’on est en cas de problème de réseau ou de téléphone. Vous verrez peut-être aussi passer des endroits auxquels vous n’auriez pas pensé et par lesquels vous voudrez faire un léger détour.
- Prévoyez des pauses régulières, environ toutes les deux heures, surtout si vous êtes le conducteur : elles sont aussi l’occasion de changer de position.
- La veille du départ, préparez une glacière et un sac : dans la première, emportez des produits frais pour manger et boire. Dans l’autre, des produits qui se conservent sans froid, comme des gâteaux, des fruits, du pain, etc. Vous pouvez aussi opter pour le traditionnel sandwich triangle sur l’autoroute, plus rapide et sans préparation, mais un peu plus cher.
- Pensez à emporter un sac poubelle et un chiffon pour garder la voiture propre.
- Prévoyez une couverture légère, un masque de nuit et un coussin pour la nuque, à l’intention des passagers qui voudront dormir : ils leur garantiront plus de confort.
- Préparez une playlist de musiques, de documentaires ou de podcasts que vous pourrez écouter durant le trajet pour le faire passer plus vite (et apprendre par la même occasion !).
- Si vous voyagez avec des enfants, pensez à emporter de quoi les occuper : jeux, livres, consoles, etc. Emportez aussi une petite trousse avec des lingettes et des petits sacs poubelle, très utiles en cas de malaise ou de petit accident.
- Prenez vous-même des photos et des vidéos de votre véhicule de location avant le départ et au retour, et faites remplir l’état des lieux avec le loueur. En cas de litige après la location, ces documents vous permettront de prouver votre bonne foi et que les dommages ne vous sont pas imputables. Conservez-les jusqu’à la levée de la caution.
Les transports en commun : recommandations pratiques pour se déplacer quand on est PMR
Bus, métro, tramway, train de banlieue : sur place, les transports en commun permettent de se déplacer simplement et à moindre coût, mais leur accessibilité varie beaucoup d’une ville à l’autre. Une bonne préparation avant le départ vous évitera bien des surprises.
La réservation
Selon votre destination, un rapide coup d’œil sur internet vous permettra de savoir quelle application télécharger ou sur quel site acheter vos billets dématérialisés (vous devrez alors les enregistrer sur votre smartphone).
Dans les grandes villes et capitales, il existe généralement des pass touristiques et des réductions pour les PMR, voire pour leurs accompagnants.
Vous pouvez aussi vous renseigner sur les différentes offres et acheter vos titres de transport sur place : le cas échéant, pour gagner du temps, nous vous recommandons de tout acheter en une fois (tickets de métro, de bus, pass) et de conserver vos titres de transport dans une pochette rangée dans votre sac.
Avant le départ
Si vous utilisez les lignes de bus, de métro ou de train de banlieue durant vos vacances, vous organiser avant le départ vous aidera à gagner du temps et en sérénité durant vos trajets :
- Anticipez vos trajets : faites une liste des endroits que vous souhaitez voir et des activités que vous souhaitez faire. Préparez vos trajets à l’avance et notez-les dans un document que vous pourrez consulter pendant le voyage. Il y aura toujours des imprévus, mais vous aurez au moins un cap auquel vous référer en cas de changement de programme.
- Téléchargez la ou les applications dédiées aux transports en commun de votre destination : vous pourrez facilement acheter des billets, consulter les horaires et les plans, les perturbations sur les lignes, l’accessibilité, etc.
- Renseignez-vous sur l’accessibilité des stations que vous comptez utiliser (ascenseurs, rampes) sur le site ou l’application du réseau.
- Vérifiez jour par jour l’ouverture et la fermeture des stations et des lignes, ainsi que l’état des ascenseurs lorsque l’information est disponible.
Réflexes de voyageur expérimenté
- Prévoyez une rampe amovible si vous en avez besoin.
- Si vous le pouvez, évitez de voyager en transports en commun aux heures de pointe ; si vous ne pouvez pas faire autrement, il faudra probablement faire preuve de patience et prévoir un trajet un peu plus long.
- Gardez vos objets de valeur à l’abri des regards et des pickpockets : téléphone accroché à un cordon autour du cou ou rangé dans une poche intérieure, sac fermé, etc.
- Prévoyez un casque antibruit : les transports en commun peuvent être assez stimulants pour les personnes les plus sensibles. Un casque ou des écouteurs antibruit permettent de réduire les stimuli ambiants et de diminuer la sensation d’oppression.
- Gardez un flacon de gel hydroalcoolique ou des lingettes nettoyantes pour vous rafraîchir après les transports.
Le ferry : conseils pour réserver et préparer sa traversée PMR
Voyager en bateau est une alternative intéressante pour partir en vacances. Cette partie se concentre sur les traversées en ferry. Certaines destinations sont accessibles par bateau, en alternative à l’avion : le Royaume-Uni, les Baléares, la Corse, l’Irlande, l’Afrique du Nord, etc. Si vous souhaitez embarquer votre véhicule à bord, c’est tout à fait possible pour la plupart des liaisons, avec un supplément selon le type de véhicule.
Les croisières, maritimes ou fluviales, sur lesquelles on vit à bord pendant tout le séjour, obéissent à une autre organisation (cabine, escales) que nous ne détaillons pas ici.
La réservation
Comme pour les autres modes de transport collectifs, les billets sont réservables en ligne, par téléphone ou parfois même en agence de voyages.
Vous pouvez généralement indiquer vos besoins spécifiques directement lors de la réservation et, le cas échéant, obtenir les réductions liées à votre situation.
Si vous embarquez avec un véhicule, pensez à vous munir de la carte grise lors de la réservation : vous devrez fournir toutes les informations de votre voiture à la compagnie, ainsi que ses dimensions (hauteur comprise, notamment si elle est aménagée).
Si vous voyagez avec un accompagnant, vérifiez son droit à d’éventuelles réductions.
Une compagnie ne peut pas refuser votre réservation au seul motif de votre handicap ou de votre mobilité réduite, sauf exigences de sécurité.
Avant le départ
- Sollicitez l’assistance. Signalez vos besoins d’assistance le plus tôt possible, et au moins 48 heures avant la traversée ; au-delà de ce délai, l’assistance doit tout de même faire tous les efforts raisonnables pour vous aider. Si aucune heure n’a été convenue, présentez-vous au port au moins 60 minutes avant le départ pour bénéficier de cette assistance.
- De nombreux ferries disposent d’ascenseurs entre le pont-garage et les ponts passagers, ainsi qu’entre les ponts passagers. L’équipement varie toutefois selon la compagnie et le navire : n’hésitez pas à consulter le site internet de la compagnie ou à la contacter si vous avez des questions spécifiques.
- Si vous embarquez avec un véhicule, indiquez dès la réservation que vous souhaitez vous garer le plus près possible des ascenseurs. Certaines compagnies attribuent aussi une place dédiée aux PMR avec embarquement prioritaire, ce qui peut imposer de se présenter plus tôt au port.
- Si vous voyagez avec un animal d’assistance, avertissez la compagnie maritime de sa présence à bord.
- Si vous embarquez sans véhicule, il vous faudra préparer votre arrivée au port. Prévoyez un taxi, un VTC ou un proche accompagnant pour vous y emmener et, dans le même temps, organisez votre trajet jusqu’à votre lieu d’hébergement.
- L’enregistrement se fait directement au port, mais certaines compagnies proposent l’enregistrement en ligne.
Réflexes de voyageur expérimenté
- Si vous embarquez avec un véhicule, vous ne pourrez en général pas rester à l’intérieur lors de la traversée. Pensez donc à regrouper vos affaires importantes (papiers, livres, divertissements, médicaments, chargeurs, tenue de rechange, etc.) avant de quitter le pont-garage, et demandez à la compagnie, dès la réservation, comment rejoindre les ponts passagers si vous avez besoin d’aide.
- Présentez-vous au port à l’heure indiquée sur votre billet. Les compagnies demandent généralement de venir bien en avance ; certaines demandent par exemple de se présenter 2 h 30 avant le départ avec un véhicule pour bénéficier de l’embarquement prioritaire PMR.
Conclusion
Grâce aux combats et aux avancées sociales en matière de handicap et de mobilité, voyager devient plus simple et plus inclusif. De plus en plus de modes de transport s’ouvrent aux personnes à mobilité réduite et en situation de handicap ; avec eux, d’autres horizons, d’autres opportunités et d’autres possibles. Avec une préparation efficace et consciencieuse, chacun peut désormais partir de la façon qu’il préfère, plus sereinement.
Si vous avez besoin de vous faire accompagner pendant vos vacances, retrouvez toutes les solutions à envisager sur notre article dédié.


